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Accueil 2020-09-04T10:14:03+02:00

Actualités

Mot du Conseiller d’Etat

La pauvreté la plus brutale n’est pas celle qui se voit. C’est celle qui, insidieusement, provoque la double peine: misère et exclusion. Souvent, les deux vont de pair mais l’exclusion alourdit la première. Par définition, elle ne se voit pas. L’action d’aide et de soutien doit alors suivre deux pistes puisqu’il s’agit aussi de repérer les plus malheureux qui parfois échappent aux
radars. Aux working poors – qui travaillent mais sont confrontés à la faiblesse des revenus en même temps qu’à l’augmentation des charges, jusqu’à en être étranglés – s’ajoute l’armée des ombres des plus démunis. Lesquels, faute de tissu social, de proches ou d’amis, et parce que leur reflet social les pousse parfois à se cacher, omettent parfois de demander de l’aide.

Le Colis du cœur répond à une double exigence. Dans ce monde de précarité croissante, il favorise l’inclusion et la participation. Bien sûr, le colis améliore la situation objective des plus précaires. Mais il leur donne aussi un peu de répit, d’apaisement, d’espoir
et surtout, dans tous les sens du terme, de reconnaissance. En janvier 2019, 14’000 colis ont été distribués. Seulement en janvier. Cela situe l’échelle. Ils profitent à des centaines de familles et parmi elles à de nombreux enfants. C’est un élément du puzzle visant à réduire la fracture sociale. La réduction de la grande précarité et le plan d’action et de lutte contre la pauvreté sont des objectifs politiques dont l’effet ne s’éclaire qu’à la lumière de la solidarité immédiate.

La générosité des nombreux Genevois et Genevoises qui participent aux collectes en ajoutant à leurs achats des denrées et des produits d’entretien pour les autres mérite d’être saluée. L’engagement des nombreuses personnes qui bénévolement donnent de leur temps non seulement les samedis de collecte mais aussi chaque semaine donne un sens à la société et participe pleinement de la cohésion sociale. Que toutes et tous en soient vivement remerciés.

Thierry Apothéloz
Chargé du département de la cohésion sociale

Avant-propos du rapport d’activité – février 2019

Témoignage de Marie-Claude, bénévole, 65 ans

Marie-Claude fait partie de ces bénévoles qui ne comptent pas leurs heures. Active aux Colis du Coeur depuis dix-huit ans, elle est aujourd’hui celle qui planifie les horaires et coordonne les 70 bénévoles, accueille les nouveaux et les stagiaires, et règle les mille et une demande avec une grande capacité d’adaptation. Il faut dire qu’elle a travaillé à l’époque comme éducatrice auprès de personnes handicapées puis a accueilli des enfants en difficulté chez elle pour les repas de midi et les devoirs. « Aider son prochain et partager », c’est ce qui la motive.

Aujourd’hui retraité, son époux donne de son temps dans une autre institution. Elle-même jongle entre la garde de ses petitsenfants et sa mission aux Colis du Coeur les lundis et mardis. Le bénévolat a toujours fait partie de leur vie, « c’est dans la
famille », explique-t-elle.
Elle se lève aux aurores pour être aux Colis du Coeur avant l’arrivée des autres bénévoles et s’assurer que tout est en place. Les mardis ne se ressemblent pas. Il y a toujours des imprévus à régler. C’est un vrai challenge de faire en sorte que la distribution de nourriture se déroule dans de bonnes conditions.
Si on lui demande ce qui lui plaît particulièrement, elle évoque les contacts extraordinaires avec les bénévoles et les bénéficiaires : « Ils proviennent tous de milieux différents et c’est très enrichissant ».

Propos recueillis par Anne-Lise Thomas

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